Laurent Suret, principal du collège Albert Camus, classé REP+*, à Meaux, a fait appel au RYE pour la première fois au cours de l’année scolaire 2016-2017 pour former ses enseignants aux Techniques de Yoga dans l’Education (TYE). L’intervention a été dédiée à la gestion des émotions.

Comment avez-vous découvert le RYE ?

Laurent Suret : J’ai connu le RYE grâce à un des professeurs d’anglais du collège qui s’était déjà formé aux Techniques de Yoga dans l’Éducation. Il m’a parlé des activités de l’association qui m’ont paru tout à fait en adéquation avec le projet de notre collège, dans le cadre du réseau d’éducation prioritaire (REP)*.

 

Quelle est la nature de ce projet ?

LS : Notre projet s’articule autour de la gestion des émotions au sein du collège. Il y a quelques temps, avec le corps professoral de l’établissement, nous avons commencé un travail de réflexion en nous penchant notamment sur les recherches du professeur d’Université et Docteur en neurosciences Daniel Favre. Il nous apprend que l’écoute, l’attention et la concentration sont certes des éléments importants dans le processus d’apprentissage mais que l’émotion rentre également grandement en ligne de compte. Ainsi, nous essayons de travailler sur le climat de vie scolaire à travers les émotions, c’est-à-dire sur ce que ressent le professeur lorsqu’il rentre dans une classe, face aux parents ou à toutes les situations qu’il rencontre durant une journée au collège.

Nous avons ensuite souhaité mettre en pratique les recommandations de Daniel Favre. Le RYE nous paraissait l’organisme le plus adéquat pour nous guider sur la voie de la gestion des émotions.

 

Quel était le contenu de la formation dispensée par le RYE ?

LS : La formation s’est articulée autour de deux questions principales pour les professeurs : Comment accueillir l’émotion qui vous traverse ? Comment l’accepter ?

En effet, au cours d’une journée au collège, il y a de nombreux moments où il faut savoir composer avec le stress et accueillir la colère. La gestion des émotions n’est pas innée. Il faut pourtant savoir les gérer pour le bien-être des professeurs comme pour celui des élèves.

Le RYE a su apporter des techniques aux professeurs pour apprivoiser ces émotions et apprendre à mieux les contrôler. Ils ont notamment appris à “prendre la température” des élèves au début du cours et à gérer la classe pour être dans de bonnes dispositions pour enseigner.  

Comment avez-vous réussi à coordonner les plannings des enseignants pour leur faire suivre cette formation ?

LS : En REP, certains après-midis sont dédiés à la formation. Nous avons donc utilisé ces plages horaires pour faire intervenir le RYE auprès de nos professeurs. Une salle a été mise à disposition et la formation a été financée par l’Académie de Créteil puisqu’elle rentrait en parfaite adéquation avec notre projet.

Remarquez-vous aujourd’hui des bienfaits visibles suite à cette formation  ?

LS : La formation du RYE a été sans aucun doute très positive mais il est encore un peu difficile d’en mesurer les bienfaits à court terme. Il faut en effet attendre que les professeurs prennent le temps d’appliquer en classe ce qu’ils ont appris. Néanmoins, les enseignants ont livré de très bons retours de ces rencontres. Nous allons donc réitérer l’expérience en 2018 pour approfondir la formation.

*Chaque établissement classé REP ou REP+ doit construire un projet sur une durée de 4 ans. Le projet de réseau est établi en fonction des orientations du référentiel de l’éducation prioritaire (mis à disposition de tous) et des analyses conduites localement. Il détermine pour quatre ans les orientations pédagogiques et éducatives du réseau. Pour en savoir plus sur le projet de REP, rendez-vous sur le site du Ministère de l’Education nationale.